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CONTRIBUTION N°4 DE LA CPU-PME.CI Relative à la Signature le 21 novembre 2024 de l’Accord de pêche avec l’Union Européenne pour la période 2024-2028

REPENSONS NOS PARTENARIATS ÉCONOMIQUES

Abidjan, le 29  novembre 2024

 

 

CONTRIBUTION  N°4 

RELATIVE À LA SIGNATURE LE 21 NOVEMBRE 2024 DE L’ACCORD DE PÊCHE AVEC L’UNION EUROPÉENNE POUR LA PÉRIODE 2024-2028

REPENSONS NOS PARTENARIATS ÉCONOMIQUES

 

La Confédération Patronale Unique des PME de Côte d'Ivoire (CPU-PME.CI) a appris, comme la plupart des organisations sœurs et un grand nombre d’Ivoiriens, la signature le 21 novembre 2024 de l'accord de pêche avec l'Union européenne. Conformément à ses missions qui visent à protéger, accompagner et défendre les entrepreneurs, dans la perspective de parvenir à une souveraineté économique de la Côte d’Ivoire soutenue et dynamisée par les PME et le secteur privé dans son ensemble, la CPU-PME.CI voudrait émettre des réserves au regard des effets on ne peut plus mitigés qu’entraînent inéluctablement la mise en œuvre dudit accord qui pourrait, toutes proportions gardées, être considéré comme étant entaché d’un vice rédhibitoire au détriment de notre pays.   

Il est certain que «  les accords de pêche conclus par l’Union européenne avec des pays tiers autorisent les navires de l’Union européenne à pêcher les stocks excédentaires dans leurs eaux en échange d’une contribution financière. Le premier accord de pêche entre l’Union et la Côte d’Ivoire, signé en 1990, a été remplacé en 2007 par l’accord, renouvelé le 21/11/2024 et est accompagné d’un protocole, renouvelé périodiquement, qui définit les modalités de mise en œuvre. Cet accord fait partie d’un réseau d’accords thoniers, qui permet aux navires de l’Union européenne de cibler des espèces hautement migratoires dans les zones économiques exclusives (ZEE) des pays partenaires. L’accord entre l’Union européenne et la Côte d’Ivoire est important pour la région et pour la flotte thonière de l’Union, en raison de l’importance du port d’Abidjan, qui est l’un des principaux ports de débarquement et lieux de transformation en Afrique de l’Ouest. » cf. Plénière de février 2019 du parlement européen.

Néanmoins, nous devons nous interroger, à l’instar de certains pays frères avec lesquels certes nous n’avons pas les mêmes réalités économiques, mais qui ont, en connaissance de cause, mis un bémol à une forme de coopération trop peu avantageuse par rapport à leur quête d’indépendance économique.  

Ainsi les accords signés avec l'Union européenne ont-ils véritablement servi les intérêts de notre pays ? Un audit rigoureux devrait s'imposer avant toute nouvelle entente.

Et pour cause, les résultats actuels sont plus qu'inquiétants :

·         Une dépendance économique accrue : la disparition progressive de compétences locales et la perte d'emplois ont fragilisé notre tissu économique ;

·         Une exploitation démesurée de nos ressources : la dégradation de l'environnement et la fragilisation de notre sécurité alimentaire sont les conséquences directes d'une exploitation souvent non durable ;

·         Un déséquilibre commercial persistant : notre balance commerciale est déficitaire, comme en témoigne l'exemple de la pêche : nous importons plus de 8 fois la quantité de poisson que nous produisons localement.

Face à cette situation, il est urgent de repenser nos partenariats économiques. Pourquoi ne pas privilégier une exploitation locale de nos ressources, notamment via une flotte de pêche nationale ? Cette approche permettrait non seulement de garantir une meilleure répartition des bénéfices, mais aussi de créer de l'emploi et de renforcer notre souveraineté alimentaire. Nous risquons ainsi de voir nos richesses exploitées sans que nous en retirions les bénéfices.

Pour sortir de cette impasse, plusieurs questions fondamentales doivent trouver réponse :

·         Transparence et contrôle : Quels mécanismes rigoureux sont en place pour garantir la transparence des accords commerciaux et s'assurer que les intérêts de notre pays sont bien défendus ?

·         Répartition équitable des bénéfices : Comment assurer une répartition juste et équitable des revenus issus de l'exploitation de nos ressources naturelles ?

·         Renforcement des compétences : Quelles compétences spécifiques devons-nous développer pour renforcer notre souveraineté économique et mieux négocier nos accords commerciaux ?

Il est temps de prendre le contrôle de notre destin économique, de bâtir un avenir plus prospère pour nos citoyens et de mettre nos PME au centre de notre économie locale pour un développement plus inclusif de notre pays.

Voilà ainsi que résumée la position de la CPU-PME.CI, qui invite instamment nos Autorités ivoiriennes à reconsidérer dans le sens d’un partenariat véritablement gagnant-gagnant ledit accord de pêche avec l’UE, vis-à-vis duquel notre organisation émet ouvertement un jugement dépréciatif tel qu’en l’état.

 

Le Président

                                                                            Moussa Élias Farakhan DIOMANDÉ